Les élèves du dispositif ULIS : une diversité dans la diversité

Dans de nombreux lycées professionnels, le dispositif ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) accueille des élèves reconnus par la MDPH comme présentant un handicap, le plus souvent cognitif. Ce dispositif, intégré à la vie du lycée, permet à ces jeunes de suivre une scolarité adaptée tout en bénéficiant d’un accompagnement spécialisé.

Cependant, il serait réducteur de penser qu’un élève « ULIS » ressemble à un autre élève « ULIS ». Derrière cette appellation commune se cachent des profils très différents : troubles de l’apprentissage, de la mémoire, de l’attention, syndromes autistiques avec des intensités et manifestations variées… Chacun avance à son rythme, avec ses forces et ses fragilités.

Ce qui rassemble ces élèves, c’est une même envie de progresser, de montrer qu’ils en sont capables, de prouver qu’ils peuvent trouver leur place dans le monde du travail et dans la société. Leur détermination, souvent silencieuse, force le respect de ceux qui les accompagnent.

Mais la réalité est parfois plus complexe. Certains jeunes, en déni de leur handicap ou dans une phase de refus, peinent à accepter leurs difficultés et l’accompagnement qui leur est proposé. Avec eux, la progression est plus lente, parfois inexistante, et demande une grande patience. C’est là que le rôle de l’enseignant prend tout son sens : encourager sans brusquer, accompagner sans infantiliser, maintenir le cap sans jamais baisser les bras.

Dans cette mission exigeante, les AESH (Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap) jouent un rôle capital. Leur présence quotidienne (quand ils sont recrutés) auprès des élèves du dispositif ULIS constitue un véritable levier de réussite. Ils aident à la compréhension des consignes, favorisent la mise au travail, encouragent l’autonomie et soutiennent la communication entre l’élève et l’enseignant. Leur regard, leur écoute et leur constance permettent de maintenir un cadre apaisé, tout en donnant à chaque élève la possibilité d’apprendre à son rythme.
Souvent discrets, les AESH sont pourtant des maillons indispensables de l’inclusion scolaire : leur engagement contribue directement au climat de confiance et à la cohésion de la classe.

En classe, cette diversité interne au dispositif ULIS vient s’ajouter à celle, déjà grande, des autres élèves (voir l’article sur les profils d’élèves). Elle interroge les pratiques pédagogiques, pousse à inventer, à adapter sans cesse. Le travail en étroite collaboration avec le coordonnateur ULIS devient alors essentiel : échanges réguliers, construction de supports différenciés, mise en place d’évaluations aménagées, tout cela concourt à créer un environnement d’apprentissage juste et respectueux des besoins de chacun, quand les élèves les plus vifs ne se moquent pas des moins rapides. Là aussi, il y a un grand message à faire passer sur l’acceptation des autres, des différences… Simplement devenir citoyen.

L’objectif, au fond, reste le même que pour tous : permettre à chaque élève, quelles que soient ses limites ou son parcours, de vivre la réussite scolaire et sociale.

Des articles à propos des « Ulis » et Aesh : 

https://www.cafepedagogique.net/2025/02/11/aesh-deuxieme-metier-de-leducation-nationale/?utm

https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/31/ecole-inclusive-des-progres-mais-toujours-des-laisses-pour-compte_6637576_3224.html?utm

Jérôme Ammouial